Charlotte Magri alias SoVage s’est présentée au studio avec ses synthétiseurs, ses effets et sa guitare, pour pousser un cri : celui d’une survivante, qui revient sur scène pour partager son vécu et rappeler à ceux qui l’oublieraient trop vite qu’il faut « vivre chaque miette de vie« .
Il y a bientôt cinq ans j’ai connu un grand frisson, jusqu’aux os, jusqu’à l’hôpital, jusqu’à la destruction d’une partie de mes neurones. Conduire, se doucher, parler sont devenus des défis majeurs. Tremblante devant mon orthophoniste, j’ai lutté.
J’ai réappris beaucoup de choses aujourd’hui, mais j’ai traversé le miroir et il n’y aura jamais de retour possible.
J’ai découvert le monde parallèle où vivent une bonne partie d’entre nous : les invalidés, malades chroniques, sous le coup des handicaps invisibles. Une fatigue inexprimable, une désagrégation du corps et des liens sociaux et affectifs. Comme beaucoup, j’ai disparu du paysage. J’étais dans mon lit. J’essayais de survivre.
Quand je pouvais sortir, c’est que je tenais debout. En pointillés. Alors on pouvait conclure que je tenais debout. Comme une évidence.
Mais j’étais toujours entre deux cycles d’inflammation de mon cerveau, de chacune de ses ramifications nerveuses.
Je vis entre des vagues qui terrassent, imprévisibles et violentes. Des vagues que personne ne voit.
Aujourd’hui je tiens toujours debout, et plus que jamais j’ai envie de vivre chaque miette de vie et de partage.
I’m still standing, donc, et je le partage aujourd’hui en musique.
Et je pense à tous ceux qu’on oublie.
Every heartbeat counts.
Elle sera en concert le 6 juin prochain au Théâtre du Phare.

